La recherche de la sécurité maritime dans le golfe de Guinée se poursuit grâce à plusieurs initiatives menées par les acteurs nationaux, régionaux et internationaux concernés. Au Centre international de formation au maintien de la paix Kofi Annan (KAIPTC), l'une de ces initiatives est le projet quinquennal en cours sur les réponses intégrées aux menaces pesant sur la sûreté et la sécurité maritimes dans le domaine maritime du golfe de Guinée en Afrique de l'Ouest et centrale (2022-2026), financé par le gouvernement danois. Ce projet s'appuie sur les enseignements tirés d'une phase précédente de trois ans qui s'est achevée en 2021.

Il est de notoriété publique que le domaine maritime du gouvernement de Guam est vulnérable aux activités criminelles illégales en mer, notamment la piraterie maritime et les enlèvements contre rançon, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), les vols à main armée en mer, la criminalité transnationale organisée, la pollution marine et le trafic de pétrole. Depuis 2013, les gouvernements du gouvernement de Guam se sont regroupés dans le cadre de l'architecture de sécurité de Yaoundé, dans le cadre d'efforts multilatéraux visant à mutualiser leurs synergies, leurs ressources et leurs effectifs pour répondre à l'insécurité dans le domaine maritime. Ces efforts (tels que l'adoption du Code de conduite de Yaoundé, la mise en place de centres opérationnels de sécurité maritime en Afrique de l'Ouest et centrale et les centres multinationaux classés en zones A à G) ont abouti à des structures de collaboration qui privilégient une approche ascendante de la sécurité maritime et cherchent à impliquer tous les acteurs concernés dans une approche harmonisée.

Alors que le YCC entame sa dixième année en 2023, les progrès et les défis liés à la mise en œuvre de son architecture sont essentiels à la réussite du processus. Par conséquent, des initiatives telles que le projet de sécurité maritime du KAIPTC sont des outils précieux pour atteindre certains des objectifs de sécurité maritime dans le golfe de Guinée. Ce projet utilise la recherche, le dialogue et le renforcement des capacités pour atteindre ses objectifs. Il s'articule autour du renforcement de la collaboration interinstitutionnelle, de la couverture médiatique des questions de sécurité maritime et de la place des femmes dans ce domaine. Concernant ce dernier point, un code de conduite maritime pour les femmes devrait être élaboré et, à terme, intégré aux modules de formation au renforcement des capacités, ainsi qu'aux textes juridiques des États membres du golfe de Guinée.

Ce projet quinquennal, mené à travers des visites consultatives dans des pays ciblés d'Afrique de l'Ouest et centrale, a permis d'interagir avec les principaux acteurs de la sécurité maritime au Ghana, en Côte d'Ivoire, au Nigéria, au Congo-Brazzaville et au Cameroun. Ainsi, des partenaires clés tels que la CEDEAO à Abuja, le Centre interrégional de coordination (CIC) à Yaoundé et les Centres régionaux de coordination maritime pour l'Afrique de l'Ouest et centrale, basés à Abidjan et à Pointe-Noire, ont été consultés aux niveaux politique et stratégique. Au niveau national, des organismes tels que les autorités maritimes, la marine, l'armée de l'air, la police maritime, les ports, les services d'immigration et des douanes, les agences pétrolières et gazières, les pêches, les réseaux de lutte contre la criminalité transnationale organisée, les organisations de femmes et les médias ont fait l'objet de consultations approfondies dans les pays ciblés.

De manière générale, les visites ont révélé un certain niveau de collaboration et de coopération interinstitutionnelles entre les acteurs de la sécurité maritime dans le golfe de Guinée. Toutefois, des difficultés persistent, notamment le chevauchement des mandats, les conflits de compétences et le travail en silos de certaines agences. Par ailleurs, le concept d'intervention de l'État en mer s'est avéré largement adopté, en particulier dans les pays francophones. Concernant les médias, les professionnels des médias manquaient de compétences sur les questions de sécurité maritime, ce qui influençait la nature et le type de reportages sur ces sujets. La faible représentation des femmes dans les secteurs de la sécurité maritime souligne la nécessité de renforcer leur représentation à tous les niveaux, en particulier dans les processus décisionnels. Des groupes de femmes se sont constitués afin d'accélérer leur intégration dans le secteur.

Les retours d'expérience sur le terrain soulignent la nécessité de déconflictuer les mandats des acteurs maritimes en élaborant un cadre qui définisse clairement leurs juridictions et responsabilités respectives ; la nécessité d'impliquer les décideurs et les dirigeants de toutes les institutions maritimes afin de favoriser la coopération inter-agences ; de former les journalistes aux questions de sécurité maritime et au reportage ; de promouvoir la parité hommes-femmes dans le domaine maritime ; et de mettre en place des formations supérieures pour les acteurs de la sécurité maritime, sanctionnées par un diplôme ou un grade.

Globalement, le projet vise à renforcer les capacités de 230 personnes en matière de culture de la sécurité maritime dans le golfe de Guinée (notamment par des formations destinées aux médias et aux femmes), à créer une plateforme de dialogue pour 330 acteurs maritimes et à contribuer à 23 publications empiriques sur la sécurité maritime dans le golfe de Guinée. Les échanges avec les parties prenantes du projet ont révélé leur enthousiasme et leur volonté de s'investir pleinement pour garantir la sécurité en mer. Partant du principe que la mer, bien commun mondial, ne peut être contrôlée par un seul État, ces approches collaboratives de réduction de l'insécurité maritime profitent à tous les citoyens des États riverains et aux pays du golfe de Guinée en général.